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Du lin dans l’alimentation des bovins

Le méthane représente 12% des gaz à effet de serre émis de manière anthropique en France. 80% des émissions de méthane sont produites par le secteur de l’agriculture et plus précisément par l’élevage. Ces émissions proviennent à la fois des effluents d’élevages, mais également de la fermentation entérique des bovins. Le lin dans l’alimentation des bovins permet de réduire leur production de méthane.

Quel rôle joue le lin dans la production de méthane ?

La production de méthane se traduit par la fermentation microbienne qui a lieu chez les ruminants lorsque ceux-ci mangent des aliments à base de glucides. La majorité des émissions de méthane produites proviennent des élevages bovins. Les élevages caprins et ovins ne représentent que 7% des émissions de méthane des ruminants.

Ce gaz est produit majoritairement par l’apport d’une alimentation riche en glucides. Les micro-organismes présents dans le rumen (composant du système digestif des ruminants) de l’animal dégradent les glucides en acides gras volatils. Ces acides gras volatils sont ensuite convertis en hydrogène. Certains micro-organismes appelés archaea méthanogènes transforment ensuite l’hydrogène en méthane. Il s’agit donc de limiter également la production d’hydrogène dans le rumen de l’animal afin que celui-ci ne soit pas transformé en méthane. Le glucide est essentiellement apporté dans les rations riches en cellulose, telles que l’herbe et les produits végétaux. Dans ce contexte, une modification des apports alimentaires animaliers est une solution pour limiter les émissions de méthane produites par la fermentation entérique des bovins.

Augmentation de l’apport de lin chez les bovins

Afin de limiter la production de méthane des bovins, une solution est d’augmenter la part des lipides dans les rations alimentaires. L’écosystème microbien à l’intérieur du rumen est composé d’une flore cellulolytique formée de bactéries et de protozoaires. L’augmentation de la part de lipides dans la ration diminue les glucides disponibles pour les microorganismes. Leur population décroît ainsi que la production d’hydrogène. De cette manière moins d’hydrogène est produit et la formation finale de méthane est réduite. De plus, les lipides apportent de l’azote qui est ensuite transformé en ammoniac. La formation de l’ammoniac nécessitent la consommation d’hydrogène. La quantité d’hydrogène dans le rumen de l’animal est donc bien diminuée.

Le schéma suivant illustre la fonctionnement du rumen et le rôle de l’ajout du lin dans l’alimentation.

Dégradation des glucides et des lipides dans le rumen des bovins
Dégradation des glucides et des lipides dans le rumen des bovins (http://inra-dam-front-resources-cdn.brainsonic.com/ressources/afile/246628-51bd3-resource-etude-ges-2013-rapport-partie-2-action-7-lipides.html)

Les lipides peuvent être apportés par des graines oléagineuses telles que le lin ou le colza, ou bien par enrichissement des rations à l’aide d’huile (de soja ou de colza).

Pour un apport de 1% de lipides dans la ration animale journalière, la moyenne d’atténuation des émissions de CH4 sont de 16 kgCH4/an (401 kgCO2eq/an) pour une vache laitière, soit une atténuation de 13,8%, et entre 9 à 12 kgCH4/an (240 et 320 kg de CO22eq/an) pour les vaches allaitantes et les jeunes bovins de 1 à 2 ans, soit une atténuation de 12,1 0 12,9%.

Quel est le coût de l’apport de lipides dans les rations ?

Le coût unitaire de l’apport de 1% lipides dans la ration journalière est de 109€/an pour une vache laitière, de 78€/an pour une vache allaitante, et de 61€/an pour un jeune bovin de 1 à 2 ans. Ce coût peut être compensé par une légère hausse du prix de vente des produits agricoles (lait et viande) pour une garantie d’une qualité supérieure. Aucune aide de la PAC existe pour le moment afin d’accompagner les agriculteurs dans ces actions.

Les agriculteurs sensibilisés à l’impact de leurs activités sur le changement climatique peuvent se diriger vers les exploitations céréalières oléagineuses de leur département. Intéressé(e) ? La Chambre d’Agriculture de votre département ou de votre région vous renseignera sur les exploitants céréaliers les plus proches de chez vous.

L’association Bleu-Blanc-Coeur accompagne également les agriculteurs qui souhaitent se diriger vers une alimentation plus respectueuse de l’environnement. Cette association permet également de reverser des fonds provenant d’entreprises  aux agriculteurs introduisant des graines de lin dans l’alimentation des animaux. De par ce système basé sur le principe de la compensation volontaire, les entreprises rachètent aux agriculteurs les réductions de gaz à effet de serre induites par l’introduction du lin dans le régime alimentaire de leurs animaux d’élevage.