PrimesÉnergies.fr et le Compte CO2 s’associent pour vous faire bénéficier d’une Prime CO2 ! Inscrivez-vous et estimez gratuitement le montant de cette prime. Et avec le code promo PECOP21, gagnez tout de suite 200 kgCO2 !

Techniques culturales simplifiées et émissions de gaz à effet de serre

non labour

Le rapport de l’Institut National de la Recherche Agronomique sur les potentiels d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre issues du secteur agricole français agrège les résultats des dernières études concernant l’impact des techniques culturales sans labour. Il présente les effets, qu’ils soient positifs ou négatifs de différentes techniques sur le bilan des émissions de gaz à effet de serre. Nous allons voir quelles sont ces techniques et leurs effets sur le bilan carbone d’une exploitation.

Le labour

Les techniques culturales simplifiées sont comparées aux techniques de labour traditionnelles. Il convient donc de définir ce qu’est le labour. Il s’agit d’un travail mécanique du sol sur 15 à 40 centimètres de profondeur. Le labour permet notamment d’aérer le sol et de limiter les adventices (végétaux non souhaités sur la parcelle). Un sol labouré est cependant plus sensible à l’érosion, et les couches du sol situées sous la partie labourée ont tendance à se compacter. Le labour réduit également la biodiversité, notamment celle des vers de terres dans les couches du sol travaillées. Il réduit également le taux de matière organique en surface.

Les techniques culturales simplifiées (TCS)

Les techniques culturales simplifiées regroupent les techniques de travail du sol telles que le semis direct, le travail superficiel et le labour occasionnel. Le semis direct consiste à semer sans travail du sol au préalable. Cette pratique ne perturbe pas la structure du sol. Le travail superficiel consiste quant à lui à travailler le sol sur une faible profondeur (moins de 10 cm). Le labour occasionnel quant à lui consiste à ne pas labourer la terre tous les ans. Par exemple, le labour peut être effectué une fois tous les 5 ans.

Généralement, les techniques culturales simplifiées (TCS) sont mises en place pour réduire le temps de travail au champ. Néanmoins, elles agissent également sur la consommation d’énergie fossile, le stockage du carbone dans le sol, les émissions de N2O et l’utilisation des produits phytosanitaires.

TCS et émissions de gaz à effet de serre

Le labour induit une consommation importante de carburant. En effet, cette pratique nécessite une force de traction élevée du tracteur. Les TCS ont alors pour effet de réduire la consommation de carburant. En effet, ces techniques permettent de réduire le nombre de passage par an et par hectare. Les études montrent que le travail superficiel du sol permet d’économiser entre 10 et 50 L de carburant par hectare et par an en comparaison d’un labour. Le semi direct en remplacement d’un labour permettrait quant à lui d’économiser entre 15 et 60 L de carburant/ha/an.

Le taux de matière organique des sols non labourés a tendance à augmenter. En effet, le labour détruit les agrégats du sol ce qui augmente la minéralisation de la matière organique. Plusieurs études ont révélé que le semis direct permettait de stocker en moyenne 550 kgCO2éq/ha/an. Ce résultat est néanmoins très lié aux conditions pédo-climatiques car les valeurs extrêmes se situent entre 0 kgCO2éq/ha/an et 1100 kgCO2éq/ha/an. Par exemple, le semis direct sur un sol peu drainant voir hydromorphe (régulièrement saturé en eau) n’augmenterait pas le stockage de carbone du sol.

L’absence de labour peut rendre le sol plus compacte et plus humide. Ainsi, ces conditions anaérobiques favoriseraient la synthèse de N2O par certains microorganismes. Selon le type de sol, les émissions de N2O augmenteraient entre 0,15kgN/ha/an (sols non hydromorphes) et 2 kgN/ha/an (sols hydromorphes) en semis direct.

En prenant en compte l’ensemble des effets des TCS (réduction de la consommation de carburant, stockage du carbone dans le sol, utilisation de pesticides, etc), le semis direct permettrait de réduire les émissions de CO2 d’environ 600 kgCO2e/ha/an tandis que le labour occasionnel (1 an sur 5) permettrait de réduire les émissions de CO2 d’environ 400 kgCO2e/ha/an.

Les techniques culturales simplifiées peuvent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la parcelle agricole. Néanmoins, les résultats varient selon notamment des facteurs pédologiques et climatiques des parcelles considérées.