PrimesÉnergies.fr et le Compte CO2 s’associent pour vous faire bénéficier d’une Prime CO2 ! Inscrivez-vous et estimez gratuitement le montant de cette prime. Et avec le code promo PECOP21, gagnez tout de suite 200 kgCO2 !

L’utilisation des antibiotiques dans les élevages

Les antibiotiques administrés aux élevages peuvent avoir un impact à la fois sur la santé publique, l’environnement et la production de gaz à effet de serre. De ce fait, l’agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) se penche sur la limitation de l’utilisation de ces antibiotiques afin de limiter leurs atteintes. Cette page va s’intéresser à l’utilisation de ces antibiotiques en agriculture, aux conséquences de leur administration et aux normes mises en place pour limiter leur impact sur l’environnement et la santé publique.

Pourquoi utiliser des antibiotiques en agriculture ?

Dans les exploitations d’élevage, les traitements médicamenteux peuvent se révéler indispensables afin de faire face à des maladies qu’il faut prévenir ou traiter. Ainsi, les infections bactériennes nécessitent d’être soignées à l’aide d’antibiotiques. Ces soins sont obligatoires puisque les produits alimentaires issus des animaux d’élevage peuvent être destinés à la consommation humaine. Ils  doivent donc être sains. En effet, l’utilisation d’antibiotiques peut amener à la présence de résidus (substances présentes en surface ou à l’intérieur des produits alimentaires) sur les produits alimentaires vendus dans le commerce.

Les antibiotiques sont des médicaments permettant de lutter contre le développement des bactéries pathogènes. Celles-ci sont responsables de nombreuses maladies infectieuses après pénétration dans l’organisme des êtres vivants. Ces antibiotiques ne sont fournis que sous contrôle d’un vétérinaire à l’aide d’une prescription.

Néanmoins, ces médicaments sont également utilisés par prévention, notamment lors d’urgence sanitaire. En effet, la proximité entre les animaux d’élevage multiplie les risques de maladie par contagion. De ce fait, lors de risque d’infection élevé, les antibiotiques sont généralement utilisés de manière préventive.

Qu’est-ce que l’antibiorésistance ?

Les antibiotiques ont été consommés en excès que ce soit par l’homme ou pour les animaux d’élevage. De ce fait, le développement de souches bactériennes résistantes n’a cessé d’augmenter. Selon la Commission Européenne, les bactéries résistantes sont responsables de la mort de 25 000 animaux chaque année au sein de l’Europe.

Alors, qu’est-ce que l’antibiorésistance ? Autrement appelée résistance aux antibiotiques, c’est la capacité d’une bactérie à résister aux effets des antibiotiques. En effet, les bactéries réagissent par un phénomène naturel de défense qui leur permet de ne plus être sensibles à l’action de ces médicaments. Cette résistance rend donc l’efficacité de l’antibiotique nulle.

Les bactéries deviennent résistantes par le phénomène de sélection naturelle. Les souches bactériennes sensibles aux antibiotiques disparaissent tandis que les souches résistantes se développent. L’utilisation excessive d’antibiotiques qui a eu lieu ces dernières années a accéléré le phénomène de résistance des bactéries afin d’assurer leur survie. Certaines espèces ont donc développées des résistances de manière très rapide grâce à des mutations génétiques. Ces micro-organismes résistants ont ensuite la capacité de se multiplier et ainsi de faire croître le nombre de bactérie résistantes.

Quelles conséquences les résidus d’antibiotiques ont-ils sur l’environnement ?

Après administration à un animal, les antibiotiques ne sont pas entièrement dégradés dans l’organisme. Une partie, appelée résidus de médicament, se retrouve dans l’environnement. Ces résidus apparaissent notamment dans les rejets d’effluents issus d’activités d’élevage et se déversent soit directement dans la parcelle agricole, soit dans les cours d’eau après ruissellement. Ces résidus d’antibiotiques ont pour effet d’agir comme des hormones sur la faune et la flore. Ainsi des phénomènes tels que la  « féminisation » des poissons sont apparus suite au ruissellement de résidus dans les cours d’eau.

Et concernant le changement climatique ? Il existe un lien entre les émissions de gaz à effet de serre produits par les élevages et l’utilisation des antibiotiques. En effet, les antibiotiques modifient la flore intestinale au profit du développement des bactéries méthanogènes. Les bactéries méthanogènes dégradent les aliments ingérés par les bovins quotidiennement et sont à l’origine de leur production de méthane. Selon une étude réalisée par la Royal Society B, les bovins traités aux antibiotiques dégageraient 80% plus de méthane dans les excréments que les bovins non traités. Les chercheurs ont constaté que les bouses des vaches traitées aux l’antibiotiques émettaient beaucoup plus de méthane que celles des vaches non traitées.

Comment lutter contre ces effets négatifs ?

La problématique qui se pose alors est de trouver de nouveaux moyens pour lutter contre ces micro-organismes pathogènes afin de limiter leur impact sur la santé des élevages et de diminuer leurs utilisations.

En 2011, l’objectif fixé par la Commission Européenne était de diminuer de 25% l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire en 5 ans à l’aide du plan nationale Ecoantibio 2017. Pour ce faire, plusieurs actions ont été mises en place. Tout d’abord, une sensibilisation massive des agriculteurs aux risques liés à une utilisation excessive des antibiotiques et à l’importance de réduire les doses données aux élevages a été mise en place. De même, l’utilisation de soins diversifiée est mise en avant, comme les vaccins, de meilleures conditions d’hygiène ainsi que l’apport d’autres médicaments. De plus, les règles de suivi de la consommation des antibiotiques ont été augmentées. Enfin, les pratiques commerciales et les règles de prescription ont été renforcées par l’intermédiaire de réglementations nationales et européennes.

Quelles règlementations et normes pour limiter l’utilisation des antibiotiques ?

Il est nécessaire de mettre en place des seuils réglementaires concernant les substances présentes dans les médicaments des élevages destinés à une production alimentaire (viande, lait, oeufs, etc). Ce seuil, fixé par la réglementation européenne et basé sur une analyse scientifique de l’Agence Européenne du Médicament (EMA), est appelé Limite Maximale de Résidus (LMR) et représente la limite à laquelle une substance présente une éventuelle toxicité pour la santé humaine. La commercialisation de la production de l’élevage est interdite en cas de dépassement de la limite maximale de résidus. En cas de non respect de ces doses limites, l’exploitant risque des poursuites pénales, ainsi qu’une interdiction de mise sur le marché et un retrait de ses produits. Ainsi, dans un objectif de protection de la santé humaine et animale, de nombreux contrôles sont effectués sur les exploitations agricoles européennes chaque année par les services de la Direction Générale de l’ALimentation (DGAL).

La réglementation prend également en compte les temps d’attente. Un temps d’attente est le temps entre la dernière administration d’un médicament et la mise à la consommation des produits agricoles provenant des animaux ayant reçu le traitement. Ce temps d’attente est spécifique à chaque médicament administré.

Si les temps d’attente sont respectés par les exploitants, les résidus d’antibiotiques présents sur les produits agricoles destinés à la consommation sont sans risque pour la santé humaine.

Ainsi, en 2012, plus de 9 000 contrôles ont été effectués sur les exploitations agricoles destinées à la boucherie dont 28 cas ont été sanctionnés. Concernant les exploitations de volailles, plus de 2 000 agriculteurs ont été suivis dont aucun d’entre eux n’a été jugé non conforme par les services de la direction.